Fast checkout : le mythe devient réalité.

C’est notre quizz de l’été : vous rappelez-vous les deux mythes fondateurs de la RFID dans la distribution ?

Il y avait le frigo « intelligent », capable d’organiser le réapprovisionnement du foyer en yaourts. Et ?… Le passage en caisse automatique ! Plus de caisse, plus de scan et plus d’attente à la sortie des magasins.

Et bien, il faut croire que l’imaginaire collectif a parfois de la suite dans les idées car l’automatisation du passage en caisse, rebaptisé « Fast Checkout », revient progressivement sur le devant de la scène. Bien sûr, l’ampleur des réalisations est encore limitée. Mais un tour d’horizon rapide de ces premières mises en œuvre devrait intéresser les  dénicheurs de nouvelles tendances et autres curieux en tout genre.

Pour rendre à César ce qui lui appartient, il faut d’abord mentionner le rôle de précurseur de l’enseigne américaine Fast-Track Convenience qui implantait il y a trois ans, ses premières supérettes RFID dans des centres hospitaliers, des universités ou des usines, en remplacement des automates distributeurs qui s’y trouvait jusqu’alors. Chaque produit, essentiellement du snacking, y est marqué d’une étiquette EPC qui assure l’accélération du processus de self-checkout ainsi que la protection antivol. Ces magasins sont devenus les premiers points de ventes 100% automatiques, entendez par là qu’ils fonctionnent sans personnel. A surface comparable, ce distributeur a multiplié par trois le chiffre d’affaire sur ses lieux de vente, en offrant quatre fois plus de références à ses clients.

Je mets une vidéo « officielle » (en anglais) ci-dessous. Il y a aussi un très bon décryptage d’Olivier Dauvers disponible ici.

Toujours dans les domaines du snacking et de l’hyper-proximité, mais aussi celui de la restauration collective, des initiatives pilotes se développent en France, avec aux commandes des leaders (encore anonymes) de ces secteurs. Paradoxalement, elles tendent à réinventer le distributeur automatique. Jusqu’alors, seules certaines catégories de produits pouvaient être commercialisées par le biais de ces automates, leur traitement mécanique et rugueux ne convenant qu’à des produits peu fragiles et aux formats calibrés (canettes, barres chocolatées, etc.). L’EPC participe à la transformation de ces machines : désormais capables d’inventorier en permanence leur contenu, elles apparaissent comme des lieux de libre service, étendant la gamme des produits disponibles (plats, pizzas, salades, etc.) et favorisant les achats impulsifs. Le mode opératoire est le suivant : le client s’identifie avec sa CB (ou sa carte de fidélité), ouvre l’automate, se saisit des produits aptes à satisfaire sa petite faim ou sa grande soif, referme l’automate et se voit facturé en conséquence.

Dans le secteur à forte croissance du snacking, nous avons donc là deux formes de vente tout-à-fait inédites (« supérettes automatiques » et « distributeurs libre service ») qui voient le jour grâce aux capacités opérationnelles de l’EPC.

Mais le meilleur est à venir. La chaîne de magasins Nespresso dresse un bilan tout à fait positif de son concept d’espace premium « libre service » rebaptisé ici « service libre ». Oui, l’ordre des mots a bien son importance.  Testé dans un magasin parisien, il s’agissait pour la marque de solutionner le fort afflux de clients lors des pics d’activité quotidiens. Où comment maintenir une qualité de service VIP en toutes circonstance.  Les clients achètent désormais leurs capsules en à peine quelques minutes grâce à ces espaces new look réservés aux membres encartés. Ils fonctionnent sur la base de systèmes de « Fast Check-out » EPC qui identifient et désactivent la protection électronique des boîtes de capsules. Les hôtesses et hôtes dans ses espaces, dont le rôle étaient jusqu’alors dédiés à l’encaissement, réalisent désormais un conseil client personnalisé et attentif. Ce qui ne manque pas de faire croitre le chiffre d’affaire. Le magasin parisien a ainsi connu une hausse très significative de fréquentation. Nespresso est aujourd’hui en phase de déploiement de ce concept dans toutes les grandes capitales européennes. Pour celles et ceux qui veulent visiter l’un de ces nouveaux temples à la gloire des standards GS1 : 29 rue Tronchet à Paris. On peut également visualiser les systèmes de caisse utilisés ici.

Le « Fast Checkout » fait ainsi ses premiers pas dans l’univers de la distribution, dans des concepts aussi éloignés que peuvent l’être ceux de Fast Track Convenience et de Nespresso. C’est qu’il répond à deux évolutions profondes de nos sociétés : l’accélération du rythme de vie des clients; et leur souhait d’accéder à une offre élargie, qu’elle que soit le lieu et qu’elle que soit l’heure.

 

 

 

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